Pourquoi certaines personnes vivent dans le désordre et accumulent des objets : un psychologue révèle ce que cela signifie

Par , le 10 Janvier 2026

Pourquoi certaines personnes vivent dans le désordre et accumulent des objets : un psychologue révèle ce que cela signifie

Vous avez un proche dont la maison est tellement encombrée qu'on ne peut plus y circuler ?

Des piles de journaux, des sacs d'objets jamais ouverts, des cartons qui s'entassent depuis des années ?

L'entourage pense souvent : "Il est paresseux", "Elle manque de volonté", "Il devrait faire un effort".

Mais la réalité est tout autre. Ce comportement s'appelle le syndrome de Diogène, et c'est un trouble psychologique bien réel.

Ce n'est pas de la négligence, mais un mécanisme de défense inconscient, souvent lié à un traumatisme passé.

Voici ce que révèlent les psychologues sur ce trouble méconnu et comment aider vraiment un proche qui en souffre :

Personne stressée face à une chambre en désordre remplie de vêtements éparpillés partout

Syndrome de Diogène : qu'est-ce que c'est vraiment ?

Une piece insalubre remplie de piles de papiers et de vetements froisses entasses sur le sol et les murs.

Le syndrome de Diogène est un trouble psychologique qui pousse à accumuler compulsivement des objets, au point de transformer son logement en espace invivable.

Les comportements typiques :

  • Accumulation massive d'objets : journaux, emballages, vieux vêtements, objets cassés, déchets
  • Maison encombrée au point d'être insalubre : impossible de circuler dans certaines pièces
  • Isolement social complet : la personne n'invite plus personne, évite les visites
  • Négligence de l'hygiène personnelle dans les cas sévères
  • Refus total de jeter quoi que ce soit

Ce que ce n'est PAS :

  • Ce n'est pas de la paresse
  • Ce n'est pas un manque de volonté
  • Ce n'est pas un choix conscient
  • Ce n'est pas forcément lié à une maladie mentale (50% des personnes concernées ne présentent aucune pathologie psychiatrique identifiée)

Qui est concerné :

Le syndrome touche principalement les personnes âgées, mais pas uniquement. Il peut apparaître à tout âge, chez les hommes comme chez les femmes, dans toutes les classes sociales. Il a été identifié pour la première fois en 1975 par la gériatre américaine Allison N. Clark.

Les signes qui doivent alerter

Une jeune femme est assise recroquevillee sur un canape entouree de piles de vetements et de cartons.

Comment savoir si votre proche souffre vraiment du syndrome de Diogène ou s'il s'agit juste d'une maison un peu bordélique ?

L'accumulation devient pathologique quand :

  • Les objets entassés empêchent de vivre normalement (on ne peut plus ouvrir certaines portes, utiliser la cuisine, accéder à la salle de bain)
  • La personne refuse catégoriquement de jeter quoi que ce soit, même des déchets évidents
  • Elle justifie chaque objet : "Ça peut servir", "Je vais le réparer", "C'est un souvenir"
  • L'accumulation dure depuis des mois, voire des années, et s'aggrave progressivement

L'isolement social devient inquiétant quand :

  • Votre proche n'invite plus personne chez lui/elle depuis longtemps
  • La personne trouve toujours une excuse pour vous empêcher d'entrer
  • Elle préfère vous voir à l'extérieur (café, restaurant) plutôt que chez elle
  • Votre proche se fâche ou devient anxieux si vous insistez pour le/la visiter

Le déni est total quand :

  • La personne ne voit absolument pas le problème
  • Elle refuse toute aide avec agressivité ou fermeture
  • Elle se braque si vous évoquez le sujet du désordre
  • Elle minimise la situation : "Ce n’est pas si grave", "Je vais ranger bientôt"

DIFFÉRENCE CLÉS :

Une personne simplement bordélique accepte l'aide, reconnaît le désordre et peut ranger si nécessaire.

Une personne atteinte du syndrome de Diogène est dans le déni complet et refuse toute intervention.

Ce qui se cache derrière l'accumulation des objets

Une piece sombre remplie de cartons empiles et de vieux objets accumules pres dune fenetre poussiereuse.

Les psychogériatres, spécialistes qui étudient ce trouble, sont unanimes : le syndrome de Diogène est presque toujours une réponse à un traumatisme vécu dans l'enfance ou à l'âge adulte.

Les traumatismes déclencheurs fréquents :

  • Rupture familiale majeure (divorce des parents, rejet familial)
  • Deuil brutal et non digéré (perte d'un conjoint, d'un enfant, d'un parent)
  • Perte de statut social (licenciement, faillite, déclassement)
  • Séparation douloureuse (abandon, trahison)
  • Violence subie (physique, psychologique, sexuelle)

L'accumulation comme bouclier psychologique :

Ces événements traumatisants fragilisent profondément la personne. Pour se protéger de l'angoisse et de la souffrance, elle développe inconsciemment un mécanisme de défense : l'accumulation d'objets.

Les objets deviennent une "enveloppe protectrice". Ils créent un cocon rassurant, une barrière physique entre la personne et le monde extérieur qu'elle perçoit comme menaçant. Accumuler, c'est reprendre un certain contrôle face au chaos intérieur.

Pourquoi la personne ne demande jamais d'aide :

Tout simplement parce qu'elle ne perçoit pas son mode de vie comme problématique ! Au contraire, les objets la rassurent. Ils ne sont pas une source de stress pour elle, mais une source de réconfort. Demander de l'aide signifierait admettre une faiblesse, et son mécanisme de défense est justement là pour éviter ça.

Syndrome de Diogène : ces 4 erreurs aggravent la souffrance de la personne

Un homme age semble perdu dans une piece vide et claire, regard inquiet et posture hesitante pres dune porte.

Certaines actions bien intentionnées peuvent aggraver dramatiquement la situation.

Erreur 1 : Nettoyer la maison sans consentement

Faire intervenir une entreprise de nettoyage pendant que la personne est absente ou hospitalisée provoque un choc psychologique violent.

Les conséquences possibles :

  • Crise d'angoisse sévère
  • Dépression profonde
  • Sentiment de trahison et de violation
  • Troubles physiques graves (dans certains cas extrêmes : AVC, infarctus dus au choc)

Pour la personne, c'est comme si on lui arrachait sa peau. Les objets sont sa protection. Les enlever brutalement, c'est la laisser nue face à ses angoisses.

Erreur 2 : Juger ou culpabiliser

"Tu devrais avoir honte", "C'est dégueulasse", "Fais un effort, quand même" : ces phrases enfoncent la personne encore plus dans son isolement. Elle se sent incomprise, attaquée, et se replie davantage.

Le jugement renforce le déni : "Personne ne me comprend, je préfère rester seul."

Erreur 3 : Forcer une thérapie

Impossible de forcer une personne à consulter un psychologue si elle ne voit pas le problème. La démarche doit venir d'elle-même, ou au minimum, elle doit l'accepter. Sinon, ça ne marchera pas.

Erreur 4 : Agir seul sans aide professionnelle

Ce trouble dépasse largement les capacités d'un proche seul. Vous ne pouvez pas "guérir" votre parent ou ami par votre seule volonté. Vous avez besoin de renforts : assistants sociaux, psychologues, médecins.

Comment aider vraiment un proche atteint du syndrome

Une personne reconforte un homme age assis dans un fauteuil dans un salon sombre rempli de livres et dobjets anciens.

L'accompagnement doit être progressif, respectueux et coordonné.

Étape 1 : Accepter que ça prendra du temps

On ne "guérit" pas ce syndrome en deux semaines. Ça peut prendre des mois, voire des années. La patience est la clé absolue. Si vous n'êtes pas prêt à vous engager sur le long terme, mobilisez d'autres personnes de l'entourage.

Étape 2 : Maintenir le contact sans forcer

Ce qu'il faut faire :

  • Continuez à appeler, à visiter (même si c'est difficile)
  • Ne coupez pas les ponts, même si la personne vous repousse
  • Montrez que vous êtes là, sans jugement
  • N'évoquez pas le désordre à chaque visite

L'objectif : Garder un lien. C'est ce lien qui permettra plus tard d'introduire de l'aide extérieure.

Étape 3 : Faire appel à des professionnels

Les intervenants essentiels :

  • Assistante sociale de secteur (CCAS de votre ville)
  • Psychologue spécialisé en gérontologie si la personne est âgée
  • Médecin traitant pour un bilan de santé général
  • Associations d'aide à domicile (Croix-Rouge, Secours Catholique)

Ces professionnels ont l'expérience et le recul nécessaires pour intervenir sans aggraver la situation.

Étape 4 : Proposer de l'aide concrète par petits pas

Commencez tout petit :

  • "Je viens t'aider à sortir les poubelles cette semaine" (pas "on va tout jeter")
  • "On pourrait ranger cette pièce ensemble, qu'est-ce que tu en dis ?" (pas "ta maison est immonde")
  • Commencez par une zone neutre : l'entrée, un couloir (pas la chambre qui est trop intime)

Respectez le rythme de la personne :

  • Si elle refuse, n'insistez pas ce jour-là
  • Revenez la semaine suivante avec la même proposition douce
  • Ne forcez jamais

Étape 5 : Valoriser chaque petit progrès

Célébrez les victoires :

  • Un sac poubelle sorti = immense victoire
  • Une pièce où on peut circuler = avancée majeure
  • Ne minimisez jamais les efforts. Au lieu de dire "C'est bien, mais il reste encore tout ça…", dites plutôt : "Bravo, tu as réussi à faire ce premier pas, c'est énorme."

Les ressources concrètes pour vous aider

Où trouver de l'aide :

  • CCAS (Centre Communal d'Action Sociale) de votre ville : accompagnement social gratuit
  • Croix-Rouge / Secours Catholique : bénévoles pour visite et accompagnement
  • Fil Santé Jeunes : 0 800 235 236 (si un jeune est concerné)
  • Médecin traitant : il peut orienter vers les bons spécialistes

L'essentiel à retenir

👉 Le syndrome de Diogène est un trouble psychologique lié à un traumatisme passé. L'accumulation d'objets sert de protection inconsciente contre l'angoisse. Ce n'est pas un manque de volonté ou de la paresse.

👉 Les signes qui alertent sont l'accumulation progressive d'objets au point de rendre la maison insalubre, l'isolement social complet, et le déni total du problème par la personne concernée.

👉 Ne nettoyez jamais la maison sans consentement de la personne et ne la jugez pas. Ces interventions brutales peuvent provoquer un choc psychologique grave. Appelez plutôt des professionnels : assistante sociale, psychologue spécialisé, médecin traitant.

👉 L'accompagnement doit être progressif, respectueux et patient. Maintenez le contact, proposez de l'aide concrète par petits pas, et valorisez chaque progrès, même minime.

À votre tour...

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