Alzheimer : des chercheurs découvrent comment la maladie se propage dans le cerveau, et comment l'arrêter

Par , il y a 8 heures

Alzheimer : des chercheurs découvrent comment la maladie se propage dans le cerveau, et comment l'arrêter

Quand Alzheimer entre dans une famille, ce n’est jamais seulement une histoire de mémoire.

C’est une vie fracassée et une famille dans la détresse.

Et derrière ces drames du quotidien, une question hante souvent les proches : pourquoi la maladie avance-t-elle, parfois si vite, dans le cerveau ?

Des chercheurs de l’Université de l’Utah viennent d’apporter une réponse importante.

Ils auraient identifié l’un des “véhicules” qui permet à la protéine Tau toxique de passer d’un neurone malade à un neurone sain.

Et surtout, ils entrevoient une façon de bloquer ce transport avant qu’il ne fasse plus de dégâts :

un homme âgé de type asiatique se tient le front avec impression de neurones qui s'échappent

En bref

  • Des chercheurs ont découvert qu’une protéine appelée Arc aide la protéine Tau toxique à se propager dans le cerveau.
  • Chez des souris privées d’Arc, le transfert de Tau entre cellules a été très fortement réduit.
  • Cette découverte ouvre une piste thérapeutique prometteuse, mais aucun traitement n’est encore disponible pour l’humain.

Une découverte qui change le regard sur Alzheimer

Femme âgée soutenue par une proche, avec un cerveau et des neurones en surimpression.

Dans la maladie d’Alzheimer, l’un des grands problèmes vient de la protéine Tau.

Présente normalement dans le cerveau, elle peut se dérégler, s’accumuler et former des amas toxiques à l’intérieur des neurones.

Peu à peu, ces amas abîment les cellules, perturbent leur fonctionnement et participent au déclin cognitif.

Mais il restait une énigme : comment cette toxicité gagne-t-elle de nouvelles zones du cerveau ?

L’étude publiée dans la revue scientifique Cell le 29 juin 2026 apporte une piste très sérieuse. Les chercheurs ont montré que Tau utiliserait une sorte de “transporteur” naturel du cerveau : une protéine appelée Arc.

Arc, le messager détourné par la maladie

Illustration de neurones montrant la propagation de protéines Tau toxiques dans le cerveau.

En temps normal, Arc joue un rôle utile. Cette protéine participe à la communication entre neurones. Pour faire passer des informations, elle voyage dans de toutes petites bulles appelées vésicules extracellulaires.

Imaginez de minuscules navettes qui circulent de cellule en cellule pour transmettre des messages.

Le problème, c’est que dans un cerveau touché par Alzheimer, la protéine Tau toxique semble profiter de ce système.

Elle “monte à bord” de ces navettes, quitte un neurone malade, puis rejoint un neurone encore sain. Une fois arrivée, elle peut y déclencher à son tour la formation de nouveaux amas toxiques.

C’est ainsi que la maladie pourrait continuer sa progression, cellule après cellule, zone après zone.

Chez la souris, la propagation a presque disparu

Chercheuse observant des images cérébrales dans un laboratoire avec une souris modèle.

Le résultat le plus frappant vient des expériences menées sur des souris modèles d’Alzheimer.

Lorsque les chercheurs ont supprimé la protéine Arc chez ces souris, les vésicules présentes dans leur cerveau contenaient très peu de Tau.

Et surtout, la capacité de Tau à se transmettre à d’autres cellules a été très fortement réduite. Selon les chercheurs, le transfert était presque absent.

C’est une avancée importante, car elle ne cherche pas seulement à comprendre pourquoi les neurones meurent. Elle cherche à comprendre comment la maladie se déplace.

Et cela change tout.

Car si l’on parvient un jour à empêcher Tau de contaminer les cellules voisines, on pourrait peut-être ralentir la progression d’Alzheimer, notamment aux premiers stades de la maladie.

Pourquoi il ne suffit pas de bloquer Arc

Illustration de vésicules Tau interceptées avant d’atteindre un neurone sain.

Attention toutefois : la solution n’est pas aussi simple que “supprimer Arc”.

Les chercheurs ont aussi découvert que cette protéine pouvait avoir un rôle protecteur. En aidant les neurones malades à expulser une partie de Tau, Arc pourrait leur permettre de survivre plus longtemps.

Sans Arc, Tau resterait piégée à l’intérieur des cellules déjà atteintes, ce qui pourrait accélérer leur mort.

La piste la plus intéressante serait donc plus fine : ne pas bloquer Arc partout, mais intercepter les vésicules chargées de Tau avant qu’elles n’entrent dans des neurones sains.

En clair, il ne s’agirait pas d’empêcher le neurone malade de se débarrasser de Tau, mais d’empêcher cette Tau expulsée d’aller faire des dégâts ailleurs.

Une piste encourageante, mais pas encore un traitement

Scientifique étudiant des tissus cérébraux avec une patiente âgée en arrière-plan.

Les chercheurs ont aussi retrouvé des vésicules contenant Arc et Tau dans des tissus cérébraux humains. Cela suggère que le mécanisme observé chez la souris pourrait aussi exister chez l’être humain.

Mais les scientifiques restent prudents : l’essentiel des travaux a été réalisé chez l’animal, et il faudra encore beaucoup d’études avant d’imaginer un traitement disponible.

Cette prudence est essentielle. Alzheimer touche déjà plus de 1,4 million de personnes en France, selon France Alzheimer, et 57 millions de personnes vivaient avec une démence dans le monde en 2021, selon l’OMS.

Chaque avancée suscite donc beaucoup d’espoir, mais aussi beaucoup d’attentes.

Pour les familles, cette découverte ne change pas encore le quotidien. Elle ne rend pas les souvenirs perdus. Elle ne remplace pas l’accompagnement, la patience, les soins et l’amour.

Mais elle éclaire une zone d’ombre. Et dans une maladie qui avance souvent en silence, comprendre le chemin qu’elle emprunte est déjà une façon de commencer à lui barrer la route.

À votre tour...

Et vous, avez-vous des proches touchés par la maladie d'Alzheimer ? Dites-le-nous en commentaire On a hâte de vous lire !

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