Ce vaccin testé sur des personnes de 70 ans ralentirait le vieillissement biologique de plusieurs années, selon cette étude

Par , il y a 11 heures

Ce vaccin testé sur des personnes de 70 ans ralentirait le vieillissement biologique de plusieurs années, selon cette étude

Imaginez deux personnes qui viennent de fêter leurs 70 ans.

Sur leur carte d’identité, aucune différence : elles sont nées la même année.

Pourtant, à l’intérieur de leur organisme, leurs cellules, leur système immunitaire et leurs organes peuvent avoir vieilli à des rythmes très différents.

C’est ce que les scientifiques appellent l’âge biologique.

Or, une étude américaine publiée en janvier 2026 suggère qu’un vaccin déjà bien connu des seniors pourrait être associé à un vieillissement biologique plus lent.

Il s’agit du vaccin contre le zona, une maladie parfois terriblement douloureuse.

une femme âgée se fait vacciner avec un vaccin contre le zona

En bref

  • Une étude américaine a analysé les données de 3 884 personnes âgées de 70 ans ou plus.
  • Les personnes vaccinées présentaient certains marqueurs d’inflammation et de vieillissement moléculaire plus favorables.
  • Les chercheurs observent une association, mais ne prouvent pas encore que le vaccin fait réellement rajeunir.

Une étude menée auprès de 3 884 seniors

Une femme âgée reçoit un vaccin dans le bras lors d’une consultation médicale.

Les résultats proviennent de l’étude intitulée Association between shingles vaccination and slower biological aging: Evidence from a U.S. population-based cohort study.

Menée par les chercheuses Jung Ki Kim et Eileen Crimmins, de l’université de Californie du Sud, elle a été publiée le 20 janvier 2026 dans The Journals of Gerontology.

Les scientifiques ont utilisé les données de la vaste étude américaine Health and Retirement Study.

Leur analyse a porté sur 3 884 personnes qui avaient au moins 70 ans en 2016.

Les chercheurs ont comparé plusieurs marqueurs du vieillissement : l’inflammation, l’immunité, le fonctionnement cardiovasculaire, la neurodégénérescence, ainsi que le vieillissement épigénétique et transcriptomique.

Des marqueurs biologiques plus favorables chez les vaccinés

une femme blonde effectue des essais en laboratoire

Les personnes vaccinées contre le zona présentaient en moyenne moins d’inflammation chronique, un vieillissement épigénétique et transcriptomique plus lent, ainsi qu’un meilleur score global de vieillissement biologique.

Ces mots peuvent sembler compliqués, mais l’idée est assez simple.

Les chercheurs ont observé la manière dont certains gènes sont activés ou désactivés et comment leur activité évolue avec l’âge.

Chez les participants vaccinés, plusieurs de ces signaux correspondaient à un vieillissement moléculaire moins rapide.

L’association restait visible chez certaines personnes vaccinées depuis quatre ans ou davantage.

Une explication possible serait la diminution de « l’inflammaging », cette inflammation discrète mais persistante qui s’installe dans l’organisme avec les années.

En empêchant la réactivation du virus varicelle-zona, le vaccin pourrait limiter certaines agressions répétées contre le système immunitaire.

Pour le moment, ce mécanisme reste toutefois une hypothèse.

D’autres études avaient déjà intrigué les chercheurs

Une senior participe à une étude sur le vieillissement dans un laboratoire.

Ces résultats s’ajoutent à d’autres travaux portant sur les effets possibles de la vaccination contre le zona au-delà de la prévention de la maladie.

En 2025, une étude dirigée par Markus Eyting et publiée dans la revue Nature a exploité le déploiement du vaccin au pays de Galles comme une expérience naturelle.

Les chercheurs ont estimé que la vaccination était associée à une réduction d’environ 20 % du risque relatif de recevoir un diagnostic de démence pendant les sept années suivantes.

Une autre étude, publiée en 2024 dans Nature Medicine par Maxime Taquet et ses collègues, a observé que le vaccin recombinant Shingrix était associé à un risque de démence plus faible que l’ancien vaccin vivant Zostavax au cours des six années suivant la vaccination.

Là encore, les auteurs demandaient des essais complémentaires pour confirmer un éventuel lien de cause à effet.

Non, ce vaccin ne fait pas encore gagner plusieurs années de jeunesse

Un médecin explique à une patiente âgée les résultats d’une étude sur la vaccination.

L’étude de Jung Ki Kim et Eileen Crimmins ne permet pas d’affirmer que le vaccin fait rajeunir de plusieurs années.

Elle repose sur des mesures réalisées à un moment précis et ne démontre pas directement que la vaccination est responsable des différences observées.

Les personnes vaccinées peuvent aussi être plus attentives à leur santé, consulter plus régulièrement ou adopter de meilleures habitudes de vie et d'alimentation.

De plus, l’étude concernait principalement l’ancien vaccin Zostavax et non le vaccin recombinant Shingrix désormais utilisé dans de nombreux pays.

La découverte reste néanmoins passionnante. Un vaccin conçu pour éviter une maladie douloureuse pourrait aussi agir sur certains mécanismes liés au vieillissement.

Mais avant de parler de « vaccin anti-âge », il faudra mener des études longitudinales et des essais cliniques capables de confirmer cet effet.

À votre tour...

Et vous, seriez-vous tenté de faire ce vaccin aux effets anti-vieillissement ? Donnez votre avis en commentaire. On a hâte de vous lire !

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